L’IP, l’indic des modérateurs

C’est donc une adresse IP qui aura permis de localiser le tueur de Toulouse. Mohamed Merah a commis l’imprudence de ne pas masquer son adresse IP au moment de sa connexion sur un célèbre site de petites annonces, sur lequel il a rencontré sa première victime. Ce numéro à 16 chiffres aura rarement eu une telle heure de gloire dans les medias grand public. Pourtant, il fait partie du quotidien de tout bon modérateur.

Mais rappelons d’abord ce qu’est une adresse IP !

C’est le numéro identifiant de  chaque connexion à internet. Elle se présente sous la forme de 4 séries de 4 chiffres allant de 0 à 255 maximum et séparées par des points. Quand un ordinateur veut se connecter sur le Web, il appelle un autre ordinateur (où est hébergée la page souhaitée) via ce numéro d’identification. Mais ça, je pense, vous le saviez déjà.

Les sites Internet sont tenus de conservés ces IPs qui permettent, avec l’aide des Fournisseurs d’Accès Internet, de retrouver l’identité d’un internaute. Cette IP est très utile pour les modérateurs. Elle permet de retracer d’un clic tout l’historique de contribution d’un internaute, même s’il change de pseudo. C’est souvent le seul élément permettant de signaler un individu potentiellement dangereux (terroriste auto-proclamé, pédophile…) à l’Office Central de Lutte contre la Criminalité liées au Technologies de l’information et de la Communication : les gendarmes du Web – l’O.C.L.C.T.I.C.

Certes, l’IP n’est pas toujours fixe (flottante) ou peut se dissimuler derrière un « Proxy ».
Cela reste une manipulation qui n’est cependant pas à la portée de tout le monde. Et encore faut-il y penser. Heureusement cette fois, ce n’était pas le cas.

Mais la médiatisation autour de l’IP risque de rendre les futurs criminels un peu plus précautionneux…

3 Responses to “L’IP, l’indic des modérateurs”

  1. lazare_carnot 14/04/2012 at 18:55

    La plupart des modérateurs de la presse quotidienne sont de jeunes stagiaires exploités par les groupes de presse.

    Les journalistes ne veulent pas faire ce travail ingrat de modération.

    Alors les rédactions prennent des stagiaires pour cela.

    Ceux-ci n’ont pas le statut de salarié et ne lisent jamais aucun journal papier.

    Un coup le post est publié.

    Un coup il ne l’est pas sans qu’on comprenne pourquoi.

    C’est la loterie.

    ça dépend de l’humeur du pseudo-modérateur mais vrai précaire.

  2. Bonjour, merci pour votre commentaire. Néanmoins, vous faites fausse route. Ceci a peut-être lieu dans certaine rédaction (je ne les connais pas toute) mais ce serait des exceptions.
    La modération est prise au sérieux par tous les grands titre de presse.

  3. Bruno Landrieu 12/07/2012 at 13:02

    En gros, vous nous dites que les modérateurs, parce qu’ils connaissent les opinions de tout un chacun, sont de bons indics pour la police ! Vous vous rendez compte de ce que vous dites ? Il s’agit là du pire des fichages. Certes, on se demande ce que fait la CNIL…

    D’ailleurs, certains commentateurs français se sont déjà fait arrêter, en voyageant, pour avoir mis le pieds sur un sol moins tolérant en matière de critique vis à vis du pouvoir. Netino jouerait-il un rôle là dedans ?

    Après ça, vous vous étonnez encore que les « libertaires » vous déteste…

    L’adresse IP vous sert à faire la chasse non pas au commentaires déplacé mais aux commentateurs eux même. Museler les gens qui vous donnent trop de travail, c’est astucieux mais finalement, tout à fait illégal. On laisse faire parce que c’est l’intérêt des investisseurs et des multinationales, mais l’opinion finira par se rebeller. C’est déjà le cas avec la constitution de partis « pirates » qui placent justement leur liberté d’expression au sommet de leur priorités.

    Et qu’on puisse changer d’adresse IP afin se protéger du fichage, pour peu qu’on soit malin et technophile, c’est une croyance hypocrite. D’une part, il est toujours possible de remonter jusqu’à vous, même si c’est plus difficile. Ensuite, il est facile de vous piéger en vous incitant à passer par un proxy corrompu. Et enfin il y a bien d’autres données qui permettent d’établir une signature numérique.

    Vous n’aimez pas l’équation modérateur=censeur (que vous avez habilement remplacée par l’équation modération=censure, qui précisément ne veut rien dire), je vous propose celle là : modérateur=inquisiteur. Je rigole étant donné l’intérêt que suscite la série de l’été (Inquisitio) mais à la réflexion, c’est tout à fait ça !