Quand les grands medias dévoilent les secrets des « brouteurs »

Les brouteurs, c’est ainsi que l’on nomme les cyber-escrocs qui sévissent sur le Web. Brouteurs, comme les moutons qui se nourrissent sans effort.
Bien connus des modérateurs de sites de Rencontres ou de Tchats, ils font de plus en plus régulièrement l’objet de reportages dans les Grands Medias. Ici, sur Le Figaro. Là, dans « Envoyé Spécial » sur France 2.

Les modes opératoires de ces individus est bien connu et largement détaillé dans les différents reportages.
Pourtant, le nombre d’internautes qui se laissent abuser – notamment en France – reste très élevé. Les victimes osent d’ailleurs rarement prendre la parole pour témoigner, honteuse de s’être fait duper ou d’avoir dévoilé au grand jour certaines tendances perverses (ou les deux !).

Initialement originaire du Nigeria, c’est désormais la Cote d’Ivoire qui est montrée du doigt. A tel point que les autorités, longtemps passives, sont poussées à légiférer pour enrayer le phénomène. Et mettre en place une plateforme de cyber-criminalité chargée de coordonner les efforts de la Police et de la Justice locale. Car désormais les principaux sites web blacklistent les IP du pays. C’est donc l’ensemble des échanges en ligne ivoiriens qui est menacé !

Mais il faut bien admettre que les résultats tardent à ce faire sentir : « brouter » reste un moyen facile de gagner de l’argent dans un Pays où même les plus diplômés ont des difficultés à trouver un emploi. Les candidats sont nombreux et débordent d’ingéniosité. Loteries, successions, amour en ligne… avec désormais Facebook comme terrain de jeux. Il y est en effet facile de repérer des victimes (généralement des européens crédules en manque d’amour), d’usurper des informations ou des identités puis d’entrer en contact avec ces anonymes.

Si les brouteurs africains deviennent médiatiques, ce n’est pas du tout le cas encore des escrocs de l’Est (généralement russes). Pourtant, les modes opératoires diffèrent et sont bien plus subtils. Ils chassent sur les sites de Rencontres en se créant de vrai-faux profils parfois indétectables ( je vous passe les détails permettant généralement de les reconnaitre mais il y en a une bonne dizaine…) pour tenter de contourner la vigilance des modérateurs chargés de les bannir avant qu’ils n’entrent en contact avec les membres.

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(Voici à quoi ressemblaient les brouteurs sur le Web!Désormais, les photos sont souvent moins aguicheuses… )

C’est durant ce court laps de temps, pendant lequel les escrocs en puissance sont sur les sites Web à la recherche de leurs victimes, que le modérateur peut agir. Une fois qu’elle a donné ses coordonnées, la victime ne peut plus être protégée… Et ce sont de véritables drames humains auxquels nous sommes confrontés.

Réjouissons-nous donc de cet intérêt médiatique !