Cas d’Ecole : le blog de J-F. Kahn

Pour illustrer mon Post précédent – pourquoi ce blog – j’aimerais faire un retour sur la mort du blog de Jean-François Kahn, signée d’une Tribune cinglante.

Faute de modération, devant trop de commentaires agressifs, l’auteur avait dû fermer son blog.

Voici une sélection des meilleurs passages.

Ce fut le sens de ce blog et – du moins je l’espérais – du forum qui le prolongeait. Forum dont j’eusse aimé qu’il inspirât et portât des contradictions constructives, mais aussi qu’il contribuât à dessiner les contours de convergences et de confluences sans lesquelles tout projet alternatif ne serait que vœu pieux. D’où la nécessité de l’écoute. De l’échange : dans le respect mutuel et tolérant des différences de chacun.

Mais rapidement, Jean-François Kahn s’est trouvé dans l’impossibilité de maintenir son blog :

Et, paradoxalement, d’autant plus impossible que le blog était de plus en plus fréquenté et les commentaires de plus en plus nombreux. Ce qui, évidemment, attira peu à peu dynamiteurs, pollueurs, obsédés et allumés. (Ces derniers jours l’ont encore démontré, où il a fallu « guillotiner » jusqu’à une soixantaine de posts en 24 heures).

Sans modération, le débat est souvent confisqué par quelques « trolls » … d’autant que la pédagogie est souvent vaine contre cette poignée de gens mal intentionnés.

Naïvement j’ai essayé la pédagogie, mais sans succès. Combien ai-je reçu de mails d’internautes, fidèles à ce blog, me disant que la violence des échanges, la rémanence des querelles personnelles, la banalisation de l’injure, les décourageaient de participer aux débats. Ces jours-ci, des centaines de messages allaient dans ce sens.

D’autant plus si les propos tenus sont diamétralement opposées aux valeurs de l’auteur. On peut souhaiter le débat sans cautionner, en offrant son audience, certains propos extrêmes.

Et, franchement, pourquoi moi-même me décarcasserais-je pour, finalement, véhiculer des haines ou des exclusions que je réprouve et qui me sont presque physiquement insupportables ?

Il y a certes des solutions [pour modérer]. Mais, aujourd’hui retraité, fut-ce retraité actif et engagé, je n’ai ni la structure ni les moyens matériels qui permettraient de les mettre efficacement en œuvre.

En revanche, vous comprendrez que je ne suis pas d’accord avec sa conclusion :

D’autant que je m’interdis [...] de déléguer une « modération » à une société extérieure qui appliquerait une normalisation purement mécanique.

Ça, monsieur Kahn, c’est un a priori. Nous aurions pu en discuter !